CHOCOLATE GENIUS

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BIOGRAPHIE


Marc Anthony Thompson, alias Chocolate Genius Inc., n’appartient pas franchement au commun des songwriters. Son parcours, depuis plus de vingt ans, alterne fulgurants coups d’éclat et longues périodes d’éclipse. Ses talents de musicien passe-murailles, trop épris de liberté pour intégrer les rangs du rock, de la soul, du folk ou du jazz, suscitent l’admiration de ses pairs. De Marc Ribot à David Byrne en passant par John Zorn et Oren Bloedow (Elysian Fields), la crème de la communauté musicale new-yorkaise lui voue ainsi un respect inconditionnel, tandis que quelques fameux électrons libres français comme Vincent Segal ou Seb Martel ne tarissent pas d’éloges à son sujet… Et pourtant : dans les médias influents et le grand public, il n’est pas encore reconnu à sa juste valeur.
Chocolate Genius Inc. y livre une somme sonore et poétique qui atteint la beauté décantée d’une épure. Un condensé sublimé de toutes les qualités d’écriture, de jeu et d’interprétation qu’il aura su dévoiler dès son premier album. Car c’est bien en singer-songwriter sans chaînes ni entraves que Chocolate Genius Inc. apparaît en 1998 avec Black Music.
Né au Panama, californien d’adoption, c’est à New York, au contact d’esprits aussi indépendants que Marc Ribot, Cibo Matto, John Medeski ou Chris Wood, qu’il a pu se métamorphoser en créateur souverain. Comme Terry Callier ou Arthur Lee (le leader de Love) en leur temps, comme ses contemporains Joe Henry ou Mark Eitzel, il élabore la formule secrète d’un songwriting subtilement universel, ni blanc ni noir, conçu à distance des bourbiers du folklore comme des mirages de la mode. Un songwriting qui saurait rassembler dans ses fibres les multiples composantes de l’identité américaine. C’est cette approche-là que Chocolate Genius Inc. va s’attacher à développer dans ses albums suivants, Godmusic (2001) et Black Yankee Rock (2005), s’octroyant la liberté de capturer aussi bien l’esprit savant et joueur de Van Dyke Parks que les prophéties enfiévrées de Sly Stone, la rage sèche du blues ancestral que la jubilation frondeuse du jazz new-yorkais, l’énergie brute de l’indie-rock que les feulements sensuels de la soul.
Ces dernières années, Chocolate Genius Inc. s’est beaucoup illustré dans les domaines du sound design et des musiques de film ou pour le théâtre ; il a aussi vécu une expérience intense en intégrant en 2006 la caravane du Seeger Sessions Tour de Bruce Springsteen. C’est sans doute là, entre ces deux pôles apparemment éloignés, entre l’aventure sonore et l’écriture traditionnelle, entre la pure recherche plastique et l’exploration des tréfonds de l’âme humaine,que se niche la beauté si peu banale de Swansongs. Et quelque chose nous dit que, pour Chocolate Genius Inc., cet équilibre ne marque pas seulement un magnifique achèvement, mais aussi une forme de renaissance riche en promesses.
Contredisant ce que semblait annoncer l’album précédent « Swansongs », l’ultime chant du cygne… Chocolate Genius Inc., le collectif solitaire a concocté un nouvel album « Epilogue One/ Truth vs Beauty » sortira chez No Format en juin 2016.
Pour Marc Anthony Thompson, son auteur-compositeur et chef cuisinier – bien que Chocolate Genius Inc. fasse référence à une entité plurielle – ce prochain album est une réalisation individuelle. Il en a écrit, orchestré, joué et chanté toute la matière.
L’album a été enregistré dans des chambres, des salles de bain, des placards ou des couloirs de Los Angeles et de la région d’Upstate New-York, à deux heures au nord de la métropole. L’artiste vit actuellement dans un canyon isolé de la Californie du Nord. L’interview qui suit a été mené par email.
Dans des interviews concernant votre album précédent, vous avez dit que Swansongs était le dernier chapitre de la vie de CGI. Que s’est-il passé?
A ce moment là, je pensais vraiment que Swansongs serait l’album final du projet Chocolate Genius Inc. C’était d’ailleurs déjà un enregistrement additionnel par rapport à l’idée originelle de trilogie. Après Swansongs, j’avais beaucoup de matière écrite et enregistrée sans vraiment savoir si elle serait diffusée un jour. C’est de ce répertoire satellite dont nous parlons à présent.
Pourquoi cet album est-il une production plus individuelle que les précédents enregistrements?
Dans un premier temps, ce n’était pas dans mes intentions de réaliser un disque seul. J’ai commencé par aller en studio avec un groupe d’amis musiciens extraordinaires et j’en suis sorti avec l’impression d’avoir traversé des contrées déjà trop connues. Avant ces sessions, j’avais enregistré des maquettes très brutes pour que le groupe puisse préparer les sessions en studio. C’est probablement très « cliché » mais… dans un studio d’enregistrement d’un certain standard, il n’y a rien de plus ridicule que d’essayer de recréer les sensations de quelque chose que vous avez enregistré dans votre salle de bain avec un téléphone. Quand je me suis retrouvé dans cette configuration, je suis reparti penaud à la campagne pour à la fois changer d’air et repenser mon approche.
J’ai alors fait écouter les morceaux dans leur version d’origine à NØ FØRMAT. L’aspect brut et intime de ces enregistrements a semblé trouver un écho, nous avons donc décidé de les sortir tels quels. Cela illustre bien ma conviction d’avoir trouvé le label qui me convient.
Oh, et pour répondre à votre question… la démarche est cette fois individuelle tout simplement parce qu’au moment où ces morceaux sont nés, j’étais seul.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le titre ? Pourquoi Truth Vs. Beauty ?
L’épilogue devrait être évident, n’est-ce pas? Imaginez Swansongs comme une chambre d’hôtel où vous avez échangé votre dernier baiser – après que vous ayez réglé la note, vous vous rendez compte que vous avez laissé un bouton de manchette sur la commode. Vous y retournez et découvrez un petit carré de chocolat noir sur l’oreiller. Epilogue 1 est ce chocolat, sans jeux de mots volontaire de ma part…
Par ailleurs, un artiste se doit aujourd’hui de fournir à son public une matière à penser permettant de questionner le système en place, la société, voire de les démanteler. Ceci est la “Vérité”. D’un autre côté, il est également vital de montrer la Beauté de notre monde, si dur par ailleurs. « Vérité vs Beauté », c’est un dilemme constant et qui nous concerne peut être un peu tous et chacun? Au delà de ça – je trouve ce titre cool.
By Thomas Weil

DISCOGRAPHIE


 

CHOCOLATE GENIUS INC.

« Truth VS Beauty »

Sortie le 7 octobre 2016

(No Format/Harmonia Mundi)

GALERIE


VIDEOS



 CONCERTS


13/10/2016 : MAMA Festival – Paris, 75
18/10/2016 : Villa 88 – Bordeaux, 33
20/10/2016 : Le Pédiluve – Châtenay-Malabry, 92
21/10/2016 : Moods (1ère partie de Yaël Naim) – Zurich
22/10/2016 : No Format! Festival – Théâtre du Châtelet Paris, 75
23/10/2016 : Festival Les Tombées de la Nuit/Opéra de Rennes – Rennes, 35
04/02/2017 : Festival Sons d’Hiver/Maisons des Arts – Créteil, 94